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Ile de France
 

 

L'édito

 

Le CRTE IDF travaille au développement et à l’aide de ses syndicats. Nous sommes attentifs à l’évolution des transports dans notre région et à défendre l’intérêt des salariés des différentes entreprises concernées.

Sur la réforme territoriale, notre région est moins impactée que certaines, mais cependant plusieurs dossiers relèvent d’un grand intérêt. Je n’en citerais que les quatre principaux, que sont le Grand Paris Express, le canal Seine Nord Europe, le Lean management et le vivre ensemble dans notre région capitale.

Sur le Grand Paris Express, la CFDT, sait qu’il est urgent de proposer une desserte ferrée moderne et de qualité entre les aéroports de Paris Charles de Gaulle, d’Orly et la ville de Paris.

L’économie du tourisme, le monde des affaires, les salariés exigent des actions immédiates pour mettre au niveau des grands aéroports le transport par voies ferrées, dont la médiocre qualité actuelle pénalise Paris et l’Ile de France. A plus long terme, les infrastructures et les services proposés devront être particulièrement fiables et permettre des liaisons palliatives en cas d’interruption de trafic. Il est inconcevable qu’à notre époque des passagers puissent rater leur avion pour des problèmes de liaison urbaine (de nombreux billets d’avion ne sont ni échangeables ni remboursables).

Pour la CFDT, la mise en place de telles liaisons, ne doivent se faire au détriment des franciliens et des salariés qui empruntent chaque jour les transports en commun pour leur trajet domicile travail.

Après une année de réflexions et d’études, durant laquelle nous avons rencontré les représentants de la Région Ile De France, du STIF, de la SA du Grand Paris ainsi que des élus politiques Nationaux et des professionnels de l’aménagement et du transport, le CRTE a fait évoluer sa réflexion en faveur d’une bonne desserte des aéroports Franciliens adaptée pour l’ensemble des usagers.

A l’horizon 2023, la CFDT est convaincue que les dessertes proposées en métro (ligne 17 pour CDG, ligne 14 pour ORLY) doivent être les priorités pour garantir des liaisons de qualité efficaces, accessibles à tous (Passagers et Franciliens).

Cependant ces projets du Grand Paris Express doivent être améliorés. Ils doivent permettre à l’instar de San Francisco des liaisons directes entre la capitale et ses aéroports. L’aménagement des stations doit être optimisé afin d’accueillir à terme des rames de grandes capacité. Les rames devront être adaptées au transport de passagers avec bagages.

Pour la CFDT, Le projet actuel de « Charles de Gaulle express » adopté par la Loi Macron n’est plus d’actualité (Il aurait dû voir le jour beaucoup plus tôt). Sa mise en place tardive (2024) coïnciderait avec l’arrivée du métro ce qui rend caduque toutes les études financières qui sont déjà pessimistes en terme de rentabilité d’exploitation, et, dont le coût de construction est élevé (1,8M€).

Les ressources nécessaires (Financières, Techniques, Humaines) ne sont pas dimensionnées pour assurer de front plusieurs chantiers d’une telle dimension. Ce qui pourrait avoir pour conséquences de retarder la réalisation des lignes de métro et d’impacter négativement les besoins d’infrastructure indispensables pour un service de qualité : (liaisons directes en alternance avec des liaisons omnibus, quais et rames de grandes capacité).

La partie du budget provisionnée pour le CDG Express, permettrait d’emménager les infrastructures du métro afin d’avoir en alternance des liaisons directes et des liaisons omnibus, tout en améliorant la liaison actuelle du RER B entre l’aéroport de CDG et Paris.

Pour toutes ces raisons le CRTE CFDT Ile de France s’engage pour la construction d’un « Métro Express direct » qui améliore le projet du Grand Paris Express. Les dessertes entre Paris et ses aéroports de Charles de Gaulle et d’Orly seront ainsi des plus modernes et de qualité pour plusieurs décennies. L’ensemble des usagers (Franciliens et passagers) pourront bénéficier d’un service adapté au besoin de chacun sans discrimination.

Pour le CRTE IDF, le canal Seine Nord Europe est une opportunité pour un véritable rééquilibrage entre modes de transports.

La perspective de raccordement des voies navigables franciliennes au réseau à grand gabarit national et européen (connexion avec le Rhin et au-delà le Danube) est une nécessité, afin de pouvoir faire naviguer des convois de 5000 t et 180 m de long (contre actuellement 650 t sur le canal du Nord et 350 t sur celui de St-Quentin).

Afin de relier le bassin de la Seine au réseau à grand gabarit européen, dans une perspective de développement durable, le CRTE IDF soutient la réalisation de la liaison Seine / Nord Europe, depuis les ports de la Basse Seine.

En effet, la capacité de la voie d’eau redimensionnée au réseau à grand gabarit permettrait d’assurer le transport d’environ 32 millions de tonnes de fret par an sur l’ensemble de l’Ile-de-France, induisant une réduction de 1,6 millions de camions par an.

Le CRTE IDF ne peut être d’accord avec le recours au partenariat public-privé, qui traduit un désengagement de l’Etat dont la conséquence est une privatisation de l’ingénierie, de la maintenance, de l’exploitation des voies navigables, constituant une menace du contrat social des personnels. Nous nous félicitons donc, de l’abandon de cette possibilité.

Aujourd’hui 90% des marchandises sont transportées par la route, 8% par la voie d’eau et 2% par le fer. Les contraintes liées à la saturation des infrastructures routières, la pression sans cesse croissante sur les coûts de l’énergie, les nuisances environnementales plaident en faveur de ce projet.

La massification des transports via la voie d’eau - à condition que des aménagements de l’Oise pour le grand gabarit soient réalisés rapidement - permettra un premier rééquilibrage entre les différents modes de transports et répondra à une demande prioritaire du Schéma Directeur de l’Ile de France (SDRIF) pour la construction de logements nouveaux, pour le transport des matériaux de construction en provenance de la Belgique et de l’Europe du Nord.

D’autant que le port autonome de Paris, est aujourd’hui le premier port fluvial de France et le deuxième en Europe avec 20 millions de tonnes transportées par voie d’eau en 2008.

Dans le domaine du tourisme – transport de passagers, activités d’animation – il occupe avec plus de 7 millions de passagers qui sont passés de la terre à l’eau en 2008 la première place mondiale des ports touristiques., dispose de 20 ports urbains dans Paris intra-muros pouvant permettre une meilleure organisation logistique du trafic par une spécialisation (Ciment, matériaux de construction, déchets, distribution, verre recyclable, etc.) et ainsi permettre l’approvisionnement de la capitale par des transports massifiés.

Sans le trafic fluvial lié à son existence, il faudrait doubler plusieurs autoroutes en Ile-de-France. Il assure en effet 13 % de l’approvisionnement régional en marchandises.

Deuxième fleuve navigué d’Europe, aménagé à grand gabarit, la Seine (avec ses affluents) accueille sur ses berges les trois principaux ports du Port autonome de Paris, tous raccordés au réseau ferré et au réseau routier : Gennevilliers, Bonneuil-sur-Marne et Limay.

Sur les grandes plates-formes multimodales du Port autonome de Paris, jusqu’à cinq modes de transport se combinent : fluvial, bien sûr, maritime, routier, ferroviaire et comme à Gennevilliers ou Nanterre avec un oléoduc. 70 ports de stockage-distribution, 1 000 ha d’espaces portuaires, un million de m² d’entrepôts, de locaux d’activités et de bureaux (dont 300 000 m² lui appartiennent en propre) complètent l’offre du Port autonome de Paris.

Depuis sa création en 1970, cet établissement public, grâce aux équipements réalisés, a favorisé le développement d’un véritable « métro de marchandises » indispensable à l’économie et à l’écologie urbaine (évacuation des déchets ménagers, transports industriels, ou liés au BTP). Mais pour cet équipement qui utilise le fleuve et ses berges, sites sensibles s’il en est, l’effort d’intégration paysagère, environnementale, architecturale et urbanistique que consent le Port est justifié.

Actuellement, les grands gabarits provenant des ports de l’Europe du Nord, tels Anvers et Rotterdam, doivent faire un détour par le Havre, pour atteindre le Bassin parisien. Ou bien subir une « rupture de charge » en scindant leur contenu.

Une liaison sans rupture de charge du nord de l’Europe vers le Havre sera possible via ce canal et ira dans le sens du projet HAROPA 2030. De plus, le transport routier sur l’axe Amsterdam – Paris est quasiment saturé. Ce nouveau canal permettra de diminuer d’autant la pression du trafic routier de fret en Ile de France.

Développer le fer en complémentarité de la voie d’eau.

Actuellement le port du Havre qui concentre actuellement plus de 60% du trafic conteneurisé français a augmenté son trafic avec notamment, le dimensionnement d’écluse fluviale. Cette réalisation permet également aux bateaux venant de Paris d’atteindre directement le terminal maritime porte-conteneurs « Port 2000 » du Havre.

En complémentarité à la création de ce nouveau canal, la CRTE IDF demande donc une mise en œuvre rapide du projet de rocade ferroviaire ou « corridor fret » Le HAVRE – AMIENS – REIMS, afin de favoriser une desserte optimum de l’interland de « port 2000 » et irriguer les plateformes logistiques envisagées le long du canal à grand gabarit.

La réalisation rapide, de ce « Corridor fret » est une nécessité pour absorber cette augmentation de trafic et créer une véritable solution alternative à la route déjà saturée et aboutir à une complémentarité des modes de transport, dans une logique de développement durable, au meilleur coût écologique, économique et social.

D’autant que ce projet de « Corridor fret » est une demande commune des CESER de Haute-Normandie, de Picardie, Champagne-Ardenne et d’Ile de France.

Pour le CRTE IDF, dans nos entreprises comme dans d’autres, nous parlons beaucoup d’intensification du travail, de souffrance au travail, voir de burn-out.

Les salariés vivent les contradictions du travail en open space et de la solitude, de l’isolement, des notations annuelles individuelles fondées non sur le travail accompli mais sur leurs comportements (savoir être au lieu de savoir-faire).

Nous assistons souvent impuissants à la destruction des collectifs de travail, à l’appauvrissement des taches, la perte d’autonomie, la standardisation des process, l’infantilisation des salariés, avec une surveillance accrue grâce aux nouvelles technologies.

Si nous nous plaçons sous le focus d’un type d’organisation du travail appelé le « lean management », nous allons vite nous apercevoir, que tout est plus clair, qu’il y a une logique derrière ces éléments, je dirais même une pensée, une philosophie.

Le Lean, mot anglais qui signifie mince, agile, est aussi dénommé toyotisme. Il a remplacé le taylorisme. Depuis plus de 20 ans il a été développé en Europe, d’abord dans l’industrie automobile, ensuite dans toute l’industrie, puis les services, et même plus récemment la fonction publique.

Les dégâts humains, et dans une moindre mesure l’affaiblissement des syndicats doivent nous alerter, et nous pousser à informer les militants des risques de cette organisation du travail.

Sur le vivre ensemble, avec les différentes cultures dans le milieu socio-professionnelles qui font la richesse de notre société, la question de la laïcité est primordiale.

Une question au cœur de l’actualité qui est aussi héritage en mouvement d’une histoire passée et enjeu d’une histoire qui se fait.

Elle intéresse car elle touche au cadre et à la visée de l’enseignement, au statut de la connaissance, à la mémoire collective. Elle est l’objet de bien des controverses et beaucoup de confusion, que ce soit sur le sens à lui donner ou sur ses origines historiques, sur la place qu’elle occupe ou censée occupée dans la société française.

Précisément, la question de la laïcité ne donne pas seulement lieu à un simple débat d’idées.

C’est sous ces auspices, que notre initiative, d’évoquer ce sujet, au combien important, le CRTE a décidé l’organisation de colloque.

Le communautarisme s’invite dans le débat public français depuis quelques années, souvent brandi par certains hommes politiques ou certains intellectuels comme un épouvantail, une menace pour la République française.

Le débat est ancien mais il est repris régulièrement dans une société française peu sûre d’elle-même.

Il nous semble nécessaire à tous de dépasser l’opposition simpliste entre les termes de la question, pour tenter de comprendre ou de réfléchir à l’avenir de notre société plurielle.

Le CRTE propose une étude de la question en quatre parties :

  • Question de mots : l’embarras ?

  • La réalité française : le développement du fait communautaire en France, depuis quelques années une dérive communautarisme limitée ?

  • Quels dangers, quels enjeux pour la République confrontée aux dérives du communautarisme ?

  • Comment faire vivre la République dans la société d’aujourd’hui, plurielle, multiculturelle ?

Dans sa devise ou dans ses textes fondamentaux : Liberté, Egalité, Fraternité, c’est-à-dire liberté individuelle, égalité des droits, solidarité entre les citoyens. Le quatrième pilier de notre république française est la laïcité. Devenu principe constitutionnel, la laïcité signifie séparation du religieux et du politique ou de la sphère publique et de la sphère privée ; mais aussi affirmation de la liberté de conscience et de pratique, dans le cadre des lois de la République : un principe compris comme un principe fédérateur et un principe d’émancipation de l’individu. C’est quatre principes sont les bases de notre pacte républicain et garantissent le vivre ensemble de la communauté des citoyens et de la démocratie française.

La France est aussi une République indivisible d’après l’article 1 de la Constitution de 1958. Ne reconnaissant que la communauté des citoyens, la République se refuse, en effet, à considérer les hommes selon leur appartenance.

Il est important de faire la différence entre communauté et communautarisme. Nous refusons d’amalgamer communauté et communautarisme. Le terme de communauté a un sens clair pour tous : un groupe de personnes ayant un lien commun.

Depuis quelques années, les communautés s’affirment en France et expriment des revendications nouvelles vis-à-vis de l’Etat républicain. Les communautés éthiques, religieuses, auxquelles on peut ajouter la communauté des homosexuels demandent leur reconnaissance par la République, l’accroissement de droits associés ou une place plus grande dans la vie politique ou économique.

D’autre part manifestant les nouvelles fractures de la France, un communautarisme territorial existe, aussi, parfois subi.

Certaines revendications inquiètent, on ne peut nier le rôle social et l’intérêt des communautés qui servent de médiateur pour les primo arrivants d’intermédiaire avec l’Etat. Elles obligent la République à faire évoluer la loi dans un contexte de changements rapides sur le plan sociétal.

Il est impossible, en effet, d’admettre, sur le plan idéologique, le manichéisme qui identifie des « bons » et des « méchants » ou la stigmatisation de l’individu qui entraîne l’exclusion. Par contre, une communauté ouverte relevant du fait communautaire et non du communautarisme ne menace pas la cohésion, la fraternité ou la solidarité.

On peut considérer comme dérives communautaristes tout ce qui menace la cohésion sociale, l’ordre public, la liberté individuelle, l’égalité des droits.

Le communautarisme demande une meilleure application des principes de la République. L’intégration, si l’on reprend les termes du Haut Conseil à l’intégration : « consiste à susciter la participation à la société active à la société toute entière, de l’ensemble des hommes et des femmes appelées à vivre ensemble.

Faire vivre la République, constitue un véritable défi dans une société pluraliste et multiculturelle. Défi qui nous oblige à affirmer nos convictions essentielles mais aussi à préciser certains de nos principes fondateurs comme la laïcité et notre idéal républicain.

Pour concilier la diversité des origines et la cohésion sociale, la diversité culturelle et l’intégration dans une même communauté de citoyens solidaires, il n’y a pas de solutions miracle, pas de solutions simples en tout cas. On peut s’en approcher avec la volonté d’agir dans un cadre républicain en affirmant l’universalité de l’humain.

Paris, janvier 2016

Jean-François Nequier
Secrétaire Général
CRTE IDF FGTE CFDT

 

 
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