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La CFDT s'oppose aux travaux du CDG Express


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Communiqué de presse du CRTE Ile-de-France
Paris, le 10 avril 2016


La CFDT s'oppose aux travaux du CDG Express

Plus de quarante ans après l'ouverture de son premier terminal à passagers, l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle attend toujours sa liaison ferroviaire directe avec Paris. Cela ne l'a pas empêché d'atteindre 63 millions de passagers et de s'affirmer comme l'une des toutes premières plates-formes d'Europe.

Cette ligne a été prévue dès le lancement du projet, au début des années 1960, mais l'époque où l'aéroport ne voulait pas payer pour la SNCF et où cette dernière refusait d'investir pour amener des clients à ses concurrents est révolue. Les terminaux les plus récents de l'aéroport permettent aux passagers de passer aisément de l'avion au TGV ou au RER. Cependant, situé à extrémité nord de l'une des plus longues lignes de la banlieue parisienne, ce RER est loin de proposer une qualité de services à la hauteur de l'image que Paris veut donner. Jusqu'à maintenant, les projets de liaison rapide et directe avec la capitale, CDG Express, n'ont pas abouti. Faute de financement, on a dû renoncer aux idées les plus audacieuses pour, finalement, aboutir gare de l'Est. Or ce quartier n'est pas le plus fréquenté par les hommes d'affaires et les touristes à forte contribution que recherchent les milieux économiques. Résultat, les prévisions de trafic font craindre un budget difficile à boucler malgré des tarifs élevés.

Dernier événement en date dans ce dossier aux multiples rebondissements, une ordonnance publiée en février dernier au « Journal officiel » confie à une filiale de SNCF Réseau et d'Aéroports de Paris la réalisation du CDG Express pour 2023. Une minorité du capital de la société de projet pourra être ouverte à des tiers. L'Etat n'accordera aucune subvention et SNCF Réseau n'a pas le droit de financer des infrastructures déficitaires, hors il est peu probable que ce projet ne le soit pas. A un tarif aux environs de 24 euros le billet, il faudrait 6 millions de passagers par an pour que le projet soit viable économiquement, soit un peu moins de 10 pourcent des clients de la plateforme aéroportuaire. Cet investissement couteux aura comme conséquences supplémentaires de faire croitre la dette du groupe public ferroviaire qui avoisinera les 40 Milliards d’euros à horizon 2023.

Cela ne signifie nullement que CDG Express ne se fera pas. Une étude fouillée réalisée par l'IAU Ile-de-France sur l'accessibilité terrestre aux aéroports internationaux montre que seules quatre plates-formes européennes accueillant plus de 30 millions de passagers par an disposent d'une liaison express, sans arrêt : Londres-Heathrow, Londres-Gatwick, Moscou-Domodedovo et Rome-Fiumicino. Aucun ne bénéficie d'une voie dédiée sur l'ensemble du parcours. Ces trains express permettent un gain de temps moyen de douze minutes avec un ticket vendu 96 % plus cher. Avec de deux à six départs par heure, ils sont moins fréquents que les autres. Pour les chercheurs de l'IAU, l'accessibilité aux aéroports d'Ile-de-France doit répondre aux besoins de chaque public, passagers, employés, résidents, visiteurs, touristes et voyageurs d'affaires (Le CDG Express ne répondra à la demande qu’à une minorité de clients vu son tarif élevé, et en aucun cas aux salariés et franciliens). Elle doit aussi s'appliquer à chaque échelle géographique (nationale, régionale, locale, cœur d'agglomération, pôles secondaires).

Sachant qu’avec le Grand Paris le métro arrivera jusqu’à cet aéroport aux mêmes dates, et serait possible vu la fréquence de cette ligne d’y intercaler des métros directs, voir même, si nécessaire, avec des rames dédiées. Autrement dit, comme ailleurs dans le monde, il ne faut négliger aucun mode de transport. Du vélo au TGV, en passant par le métro, le bus et le transport routier, public ou partagé, tous ont leur place. Enfin, les infrastructures doivent être conçues pour pouvoir évoluer et prévenir des aléas.

Pour toutes ses raisons, le CRTE IDF FGTE CFDT s’oppose au lancement des travaux de cette nouvelle infrastructure.

Pour le Bureau
Jean-François NEQUIER
Secrétaire Général du CRTE IDF
Tél : 0643558203

 

 

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